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Français - clubs (cercles) de lecture littéraire
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Schéma didactique général et compétences Serge Terwagne |
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Pour en savoir plus: Terwagne, S., Vanhulle, S. & Lafontaine, A. (2001). Les cercles de lecture. De Boeck. Lafontaine, A. & Terwagne, S. (1999). Les cercles de lecture. Discuter pour mieux comprendre les textes de fiction. Vidéo 30'. AGERS. |
| Cela fait maintenant une quinzaine dannées que la littérature de jeunesse a commencé à avoir droit de cité dans nos classes primaires ou, plus exactement, dans les bibliothèques centres de documentation ou les bibliothèques de classe. Les enseignants, en effet, ont généralement trop peur de contrecarrer le "plaisir de lire" pour greffer sur la lecture des livres toute activité qui pourrait être considérée comme trop scolaire
Lenseignant se transforme donc pour la cause en bibliothécaire animateur, en proposant aux enfants des activités censées renforcer leur motivation, leur "goût de lire". Lintention est, cela va de soi, tout à fait louable, et ces actions bien nécessaires. Il reste toutefois quelles ne sont pas suffisantes pour amener tous les élèves à rejoindre de manière durable la communauté des lecteurs. Car il suffit quun lecteur débutant éprouve de manière répétée du déplaisir dans ses lectures pour quil perde rapidement le "goût" de lire. Or, rien ne semble plus facile. Lune des choses en effet qui nous a le plus frappés lors de notre recherche, cest la difficulté quéprouvent une grande partie des enfants, lorsquils sont livrés à eux-mêmes, à comprendre et à apprécier des livres qui abordent des sujets qui sont pourtant censés les intéresser, qui sont pourtant censés être "adaptés" à leur âge Est-ce la faute aux auteurs? Ou aux critiques du domaine ? Faudrait-il dans ces cas-là rabattre ses prétentions et conseiller à ces enfants des livres "plus faciles"? Cest une option, bien sûr. Mais il en est une autre, moins fataliste. Elle consiste à apprendre à ces enfants à lire ces livres "plus difficiles", à ne pas les laisser seuls devant la tâche, car rien ne dit quils pourront deux-mêmes y arriver un jour. Au demeurant, il est bien normal quune uvre vraiment littéraire, cest-à-dire "originale" - quon nous permette cette définition abrupte du littéraire! - soit plus difficile à lire quun récit canonique: un lecteur, on le sait depuis les travaux de Iser, Eco et dautres, doit construire le sens de ce quil lit en comblant les blancs du texte (ce que le texte ne dit pas) et cest précisément dans cette activité quil trouve lessentiel de son plaisir. Le fait est quil existe donc des textes où les blancs sont faciles à combler, où tout est balisé et prévisible (ce qui fait le succès auprès des adultes de collections telles quHarlequin) et dautres qui nous proposent des blancs auxquels on est moins accoutumés. Dans ce cas, le dialogue avec le texte doit se faire plus créatif : il faut que le lecteur sache y "mettre beaucoup du sien". Voilà donc fixés nos objectifs essentiels : il sagit dapprendre aux élèves que dans la lecture de textes complexes, on peut et on doit y mettre du sien. Et il sagit encore dapprendre comment on peut y mettre du sien. Cest dire que des stratégies de compréhension et dinterprétation devront être enseignées. Un apprentissage par étayage Mais comment lancer les élèves dans la complexité de projets de lecture et assurer tout à la fois un enseignement de stratégies de compréhension et dinterprétation? Cela nest guère possible que si cet enseignement prend la forme dun enseignement par étayage, pour reprendre le terme de Bruner. Ce que Bruner entend par là, cest un enseignement où lapprenant est lancé dans la réalisation dune activité tout en étant assuré de bénéficier de la guidance de ses condisciples et de lenseignant. Le concept détayage est, on le sait, largement inspiré de la pensée de Vygotski, pour qui tout apprentissage dune compétence intellectuelle est sociale, se déroule sur le plan interpsychique avant de devenir intrapsychique. Le grand principe vygotskien est le suivant : "Ce que lenfant sait déjà faire aujourdhui en collaboration, il saura le faire de façon autonome demain". Il va de soi que cette aide apportée à lapprenant ne peut évidemment pas consister à faire toutes les choses à sa place, mais à lui apprendre progressivement comment les faire, jusquà ce que les compétences soient intériorisées et que létayage (léchafaudage) ne soit plus nécessaire et puisse être enlevé. Notre problème didactique et pédagogique revient donc, en loccurrence, à imaginer un dispositif qui permette de réaliser cet apprentissage par étayage dans le cadre de lectures partagées de livres de fiction - autrement dit dans le cadre de ce que nous appellerons des clubs de lecture. Lorganisation dun " club de lecture " repose sur les principes suivants : il suppose tout dabord que tous les élèves de la classe lisent le même livre, généralement en plusieurs étapes. À chacune dentre elles, ils rédigent leurs impressions de lecture ; et ils en discutent ensuite en petits, puis en grand groupe(s). Toutes ces activités, y compris les lectures, se déroulent en classe. Chaque séance comporte une phase de préparation, une phase de réalisation et une phase dévaluation. La phase de préparation Elle permet de préciser les enjeux spécifiques qui seront poursuivis au cours de la séance. Ces enjeux concernent en fait deux grands types dobjectifs : le développement de stratégies permettant lautonomisation progressive du fonctionnement de lactivité (aides techniques à la lecture, à lécriture, instauration de règles de discussions, etc.) et, bien sûr, le développement des stratégies dinterprétation. Dès le départ, on va dresser avec les élèves la liste des conseils ou des règles de fonctionnement auxquels il convient de se plier. On fera de même pour les stratégies dinterprétation, en établissant avec eux une liste des "choses dont on peut discuter à propos dun livre". Lun et lautre tableaux sont évidemment évolutifs, et les " entrées " quon y trouve pourront être progressivement précisées par des fiches particulières. Insistons-y : les fiches sont des résumés "procéduraux" issus dactivités de structuration menées lors de moments de préparation ou, parfois, dévaluation. Ces activités de structuration ne doivent jamais être trop longues (pas plus de 15 minutes). Elles doivent reposer sur lexpression la plus claire possible dun problème rencontré ou quon risque de rencontrer, et sur la recherche de solutions. Les élèves peuvent participer à lélaboration de ces solutions qui seront mises à lépreuve au cours de la séance. Lors de la phase de préparation, on pourra également imposer, sous forme de question, lune ou lautre piste de discussion. Ces pistes "spéciales" peuvent améliorer le fonctionnement des échanges en offrant à nos critiques en herbe des sujets de discussion " tout faits ". Elles permettent également de focaliser lattention des lecteurs sur certaines caractéristiques de luvre. La phase de réalisation Elle commence, bien entendu, par la lecture du ou des chapitres convenus et lécriture des impressions personnelles. Les lectures et la rédaction des impressions se font en classe. En général, les enfants lisent silencieusement, chacun à leur rythme, mais certains peuvent encore avoir besoin dêtre soutenus dans ce long travail de lecture, soit par un condisciple, soit par linstitutrice elle-même. Celle-ci, par ailleurs, peut, occasion-nellement, faire une lecture à haute voix dun chapitre entier, par exemple au début du livre, pour mettre les élèves dans lambiance. À lissue de la lecture du jour, les élèves vont rédiger dans leurs carnets leurs impressions, ou, comme nous avons coutume de les appeler, leurs semences : ces réflexions écrites, en effet, vont germer et se développer à loccasion des discussions qui suivront. Viennent ensuite les discussions en petits groupes de quatre ou cinq élèves. Celles-ci sont vraiment au centre du programme. Elles doivent clairement être comprises comme un moment, un lieu où l'on s'exprime sur ses interprétations, où l'on apprend ensemble à mieux comprendre des textes. Un tel apprentissage est indissociable de cet autre : il faut savoir s'écouter activement pour pouvoir dialoguer et construire ensemble de nouvelles interprétations et connaissances. Aussi est-il nécessaire de prévoir, juste avant et après les discussions en petits groupes, des moments douverture et de clôture spécifiques, au cours desquels les membres feront notamment le point sur le respect des consignes sociales qui auront été élaborées ensemble. Les mises en commun ont pour objet le partage du fruit des discussions menées en petits groupes. Elles offrent loccasion de revenir sur les questions qui ont préoccupé lun ou lautre groupe, de proposer de nouveaux éclairages, dapprofondir encore les interprétations. Suite à une mise en commun, on peut prolonger la réflexion sur lun ou lautre aspect de luvre en demandant aux groupes de réaliser tel ou tel travail de schématisation, en leur demandant détudier lévolution dun personnage ou de lhistoire, de relever les caractéristiques du genre narratif de leur récit, etc. Ces activités de schématisation impliquent évidemment que les élèves soient progressivement initiés à la pratique doutils de conceptualisation tels que tableaux comparatifs, diagramme La phase dévaluation Cette phase donne loccasion de faire le point sur les acquis nouveaux ou sur le fonctionnement des groupes, elle constitue un réel moment de prise de distance où l'on réfléchit sur les différentes façons d'améliorer sa lecture grâce à de nouvelles stratégies, et de se comporter individuellement pour favoriser les échanges, deux conditions sine qua non d'apprentissage. Cest, bien sûr, le moment propice pour adapter, ajuster les tableaux de référence concernant les stratégies dinterprétation et les règles de fonctionnement. Précisions sur les apprentissages visés Noublions pas que les discussions, même si elles occupent une place importante dans les clubs de lecture, ne constituent jamais ici quun moyen pédagogique au service du développement de la compréhension et de linterprétation de textes. Cest dire que si elles permettent également aux élèves de développer "leur habileté à argumenter", ou "leur expression orale", voire "leur expression de soi", que si elles les "motivent" à lire davantage, il ne sagit là pour nous que deffets secondaires dont nous ne nous plaindrons certes pas, mais qui ne constituent pas lessentiel. Les discussions et les interventions denseignement que celles-ci permettent visent avant tout à améliorer leurs compétences dans la lecture de fictions. Le tableau suivant donne une liste de lessentiel de ces compétences. |
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COMPRÉHENSION 4. Lélève exprime ses sentiments sur les personnages, lhistoire, les images ; 7. Lélève produit une version dessinée dune scène, dun épisode du récit ; 9. Lélève justifie ses impressions, ses jugements à partir du texte; |